Il espérait laisser le souvenir indélébile d’un homme responsable et courageux. Nous nous en rappellerons comme l’un des décideurs politiques les plus déconnectés du réel de notre époque.

Tombé tout seul après avoir sollicité un vote de confiance qu’il ne pouvait que perdre, François Bayrou aura essayé jusqu’au bout de faire passer en force son projet de réduction drastique des dépenses, sans avoir daigné consulter les autres partis – il prétendait qu’ils étaient «en vacances» cet été. Il a tenté de les forcer à soutenir un projet de 44 milliards d’économies en prétextant que son plan était la seule solution contre l’apocalypse économique.
Déconnexion de la justice sociale
Contre vents et marées, François Bayrou aura refusé d’augmenter l’impôt pour les plus riches et notamment sur leur patrimoine, au motif qu’ils risqueraient de déménager, au mépris des études sur le sujet. Pour les autres, dont les plus précaires : suppression de deux jours fériés ; durcissement de l’assurance-chômage ; doublement de la franchise pour les soins de base comme le Doliprane, etc.
Déconnexion des faits
François Bayrou restera comme celui qui a nié jusqu’à l’absurde (contredit par sa propre fille) sa connaissance des violences commises contre des enfants à Notre-Dame de Bétharram.
Déconnexion des préoccupations des Français
Si la dette inquiète une partie de la population, les derniers sondages d’opinion montrent que les Français se préoccupent infiniment plus de : criminalité, inflation, santé, pauvreté, flux migratoires, taxes, changement climatique…

Déconnexion de l’écologie
Alors que la crise climatique menace littéralement notre survie, François Bayrou sera resté pratiquement muet sur ce sujet. Mais en neuf petits mois, il aura réussi à raboter le budget de l’écologie de 15% ; soutenir la loi Duplomb et l’A69 ; rouvrir la ligne aérienne Pau-Orly ; prendre un jet privé pour faire un discours sur les renouvelables.
Déconnexion de…
Cette intervention de François Bayrou sur le nombre de soleils que contient notre système solaire restera dans les annales :
François Bayrou est le dernier avatar d’un pouvoir qui préfère achever les pauvres et voir l’extrême droite gouverner plutôt que de faire contribuer des riches toujours plus riches.
Ce naufrage est évidemment celui d’Emmanuel Macron, décidé à nier l’urgence écologique et sociale, et à rester aveugle au chaos qui monte.
Jusqu’où ira la fuite en avant ?





